Une douleur sur la face interne du genou peut venir d’un surmenage banal, d’une entorse du ligament collatéral médial, d’une lésion méniscale ou d’une irritation des tendons de la patte d’oie. Ce qui change tout, ce n’est pas seulement l’endroit où ça fait mal, mais le contexte: faux mouvement, sport, marche, escaliers, gonflement, raideur ou sensation de blocage. Dans cet article, j’explique comment soulager la gêne, reconnaître les causes les plus probables et savoir quand un examen médical devient nécessaire.
Les bons gestes dépendent surtout de la cause
- Le genou interne n’est pas un diagnostic: il faut distinguer ligament, ménisque, tendons et arthrose.
- Un repos relatif, la glace, la compression et l’élévation soulagent souvent les premières 48 heures.
- Un blocage, une instabilité, un genou rouge et gonflé ou une fièvre nécessitent une évaluation médicale rapide.
- La rééducation et la reprise progressive du mouvement comptent souvent davantage qu’une immobilisation prolongée.
- L’ostéopathie peut accompagner la récupération, mais elle ne remplace pas un diagnostic quand les symptômes sont atypiques.

Comprendre ce qui fait mal sur la face interne du genou
La face interne du genou n’est pas une zone simple. On y trouve le ligament collatéral médial, qui stabilise le genou dans les mouvements de côté, le ménisque médial, qui amortit les appuis, et l’insertion de la patte d’oie, c’est-à-dire trois tendons qui se rejoignent sur le tibia. Autrement dit, une douleur à cet endroit peut venir d’une structure ligamentaire, cartilagineuse ou tendineuse.
Je commence toujours par distinguer trois scénarios: la douleur après un faux mouvement ou une torsion, la douleur de surcharge qui revient à l’effort, et la douleur plus diffuse avec raideur ou gonflement. Cette lecture simple évite de traiter tous les genoux internes de la même façon. C’est précisément ce tri qui permet de choisir le bon geste ensuite.
Les causes les plus fréquentes et ce qu’elles laissent supposer
Comme le rappelle l’Assurance Maladie, la patte d’oie correspond à l’insertion de trois tendons sur la face interne du genou. En pratique, c’est utile pour orienter la douleur: au-dessus de l’interligne articulaire, on pense plus volontiers au ménisque ou au ligament; un peu plus bas, on suspecte souvent une tendinopathie ou une bursite de surcharge.
| Cause probable | Contexte typique | Indices qui orientent | Première lecture utile |
|---|---|---|---|
| Entorse du ligament collatéral médial | Choc sur l’extérieur du genou, changement de direction, mouvement en valgus | Douleur immédiate sur le côté interne, gêne en appui latéral, parfois sensation d’instabilité | Repos relatif, glace, protection temporaire, bilan si l’appui devient difficile |
| Lésion du ménisque médial | Faux mouvement, rotation en charge, accroupissement, sport de pivot | Douleur sur l’interligne, craquement, gonflement, blocage ou pseudo-blocage | Éviter torsions et flexions profondes, consulter si blocage ou douleur persistante |
| Tendinopathie ou bursite de la patte d’oie | Course, montée d’escaliers, reprise sportive trop rapide, répétition des flexions | Douleur un peu sous la ligne articulaire, à l’intérieur du tibia, sensible à la palpation | Réduire la charge, travailler la mécanique de mouvement, renforcer progressivement |
| Arthrose du compartiment interne | Douleur progressive, souvent à l’effort ou après station debout prolongée | Raideur courte le matin, douleur en fin de journée, gêne dans les escaliers ou la marche longue | Activité adaptée, renforcement, gestion du poids si nécessaire, avis médical si gêne durable |
| Cause inflammatoire ou infectieuse, plus rare | Douleur diffuse, articulation chaude, rouge, gonflée, parfois fièvre | Douleur au repos ou la nuit, plusieurs articulations touchées, altération de l’état général | Consultation rapide, parfois urgente |
Le point important, c’est que la douleur interne du genou n’a pas la même signification selon qu’elle suit une torsion, un effort répété ou une période d’enraidissement progressive. Quand on lit correctement le contexte, le choix du traitement devient beaucoup plus simple. C’est là qu’interviennent les bons réflexes des premières heures.
Les premiers gestes qui soulagent sans aggraver
Je préfère toujours commencer par un repos relatif, pas par une immobilisation totale. L’idée est de diminuer ce qui déclenche la douleur tout en gardant un peu de mobilité, parce qu’un genou complètement arrêté devient vite plus raide et plus sensible.
- Glace pendant 15 à 20 minutes, 3 à 5 fois par jour, surtout si le genou est chaud ou gonflé. Il faut interposer un tissu entre la peau et le froid.
- Compression légère et élévation si l’articulation gonfle, pour limiter l’inconfort.
- Mouvements doux de flexion et d’extension, sans forcer dans l’amplitude douloureuse.
- Paracétamol ou anti-inflammatoire seulement si vous pouvez en prendre et en respectant la notice ou l’avis du pharmacien.
- À éviter au début: course, squats profonds, pivots, terrains irréguliers, chaleur immédiate après un traumatisme.
Dans les 24 à 48 premières heures, ce qui aide le plus n’est pas de “tenir bon”, mais de calmer le tissu irrité et de ne pas relancer l’inflammation à chaque mouvement. Ensuite, on passe à une prise en charge plus ciblée selon la cause. C’est souvent là que se joue la différence entre une gêne qui disparaît et une douleur qui s’installe.
Les traitements qui ciblent la vraie cause
Un bon traitement ne ressemble pas toujours à un “repos” prolongé. Il dépend de la structure touchée, de l’intensité de la douleur et du degré de perte de fonction. Je raisonne surtout en trois axes: stabilité, charge et amplitude articulaire.
En cas de lésion méniscale
Si la douleur est apparue après une torsion, avec une sensation de blocage ou de douleur sur l’interligne, la priorité est de faire confirmer le diagnostic. Le traitement passe souvent par de la kinésithérapie, une adaptation de l’activité et parfois une imagerie. La chirurgie n’est pas automatique; elle se discute surtout en cas de blocage franc, de lésion instable ou d’échec du traitement conservateur.
En cas d’entorse du ligament collatéral médial
Quand le genou a subi un choc vers l’intérieur, le ligament collatéral médial peut être étiré ou partiellement lésé. Le plus souvent, on traite par protection temporaire, rééducation et reprise progressive de l’appui. Si l’instabilité est nette, si la douleur est importante ou si le traumatisme a été violent, il faut un avis médical pour vérifier qu’il n’existe pas d’atteinte associée.
En cas de tendinopathie de la patte d’oie
Cette douleur de surcharge répond mieux à une baisse temporaire des sollicitations qu’à un arrêt complet. Je regarde alors la technique de marche, la reprise sportive, la mobilité de la hanche et la force des quadriceps et des fessiers. L’ostéopathie peut aider à réduire certaines compensations, mais elle fonctionne surtout comme complément d’un travail de charge bien dosé, pas comme solution unique.
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En cas d’arthrose du compartiment interne
Ici, la douleur est souvent plus progressive, parfois plus marquée en fin de journée ou après une marche prolongée. L’Assurance Maladie insiste sur un point simple: garder une activité physique adaptée aide à ralentir l’évolution et à mieux vivre la douleur. En pratique, cela veut dire renforcement musculaire, activité régulière à faible impact, adaptation du poids si besoin et discussion médicale si les poussées deviennent fréquentes.
Quel que soit le tableau, le vrai objectif n’est pas de faire taire la douleur à tout prix, mais de restaurer une fonction stable et supportable. C’est ce qui évite les rechutes. Et pour savoir quand la situation sort du cadre banal, il faut aussi regarder les signaux d’alerte.
Quand consulter et quels examens attendre
Selon l’Assurance Maladie, il faut consulter si la douleur persiste, s’aggrave ou si le genou devient rouge et gonflé. Je recommande aussi de ne pas attendre dans les cas suivants:
- impossibilité de prendre appui sur la jambe;
- vrai blocage du genou, surtout si la jambe ne se déplie plus complètement;
- sensation d’instabilité ou de genou qui “lâche”;
- gonflement rapide après un traumatisme;
- fièvre supérieure à 38 °C;
- mollet douloureux ou gonflé;
- douleur nocturne ou douleur permanente qui ne ressemble pas à une simple surcharge mécanique.
Le médecin commence par l’examen clinique: localisation précise, circonstances d’apparition, gonflement, tests ligamentaires et méniscaux, recherche d’une raideur ou d’un épanchement. Selon le contexte, une radiographie peut rechercher une arthrose ou une lésion osseuse, tandis qu’une IRM est plus utile pour les ménisques, les ligaments et certaines lésions des tissus mous. L’imagerie n’est pas systématique; elle doit répondre à une question précise, pas être demandée par réflexe.
Il faut aussi garder en tête qu’une douleur du genou peut parfois venir d’ailleurs, notamment de la hanche ou d’un trouble inflammatoire. Si le tableau n’est pas cohérent avec le genou lui-même, il ne faut pas s’obstiner à traiter localement sans bilan. C’est ce tri qui évite de passer à côté d’une cause plus profonde.
Reprendre le mouvement sans rallumer la douleur
Je vois souvent deux erreurs opposées: reprendre trop vite parce que la douleur a baissé, ou au contraire tout arrêter pendant des semaines. La meilleure approche est plus sobre: reprendre seulement quand le genou supporte les gestes de base, puis augmenter la charge par étapes.
- Marchez sans boiterie sur de courtes distances avant de rallonger.
- Montez et descendez les escaliers sans douleur franche avant de reprendre les efforts plus intenses.
- Renforcez progressivement les quadriceps, les ischio-jambiers et les fessiers.
- Travaillez aussi la hanche et la cheville, parce qu’une mauvaise mécanique en amont se répercute souvent sur le compartiment interne.
- Réduisez la charge si la douleur réapparaît le lendemain d’une séance.
- En course à pied, reprenez par des séances courtes et plates, en évitant les descentes et les terrains irréguliers au début.
Un détail change beaucoup de choses: si le genou va mieux pendant l’effort mais se rallume nettement après, la charge est encore trop élevée. À l’inverse, une douleur légère mais stable, qui ne s’aggrave pas le lendemain, est souvent compatible avec une reprise prudente. C’est cette nuance qui permet de soigner la douleur sans enfermer le genou dans l’inactivité.
Ce qui distingue une douleur banale d’un vrai genou à examiner
La localisation interne aide, mais elle ne suffit jamais à elle seule. Ce qui oriente le plus, c’est le trio mécanisme, symptômes associés et évolution: un faux mouvement avec blocage ne se traite pas comme une douleur de surcharge apparue après trop d’escaliers, et une articulation rouge, chaude ou très gonflée impose une autre lecture. Si la douleur dure, je préfère toujours un vrai bilan à un bricolage qui masque les signaux utiles.
En pratique, le meilleur plan reste presque toujours le même: calmer l’irritation, préserver un peu de mobilité, renforcer ce qui stabilise le genou et faire vérifier ce qui ne rentre pas dans un tableau simple. C’est cette approche, plus rigoureuse que spectaculaire, qui donne les résultats les plus fiables sur la durée.